Michael HAYDN, charnière entre baroque traditionnel et style galant

Michael Haydn [1737-1806] est le jeune frère de Joseph Haydn [1732-1809]. Même si de nos jours il est moins célèbre que son frère, il fut de son vivant très apprécié́ et très connu principalement pour sa musique religieuse.

Mozart [1756-1791] admirait beaucoup sa musique et s’en est inspiré, particulièrement pour son Requiem qu’il écrivit vingt ans plus tard et où il reprend la structure de celui de Michael Haydn et aussi par endroits des thèmes musicaux.

Michael Haydn a passé́ toute sa vie de compositeur à Salzbourg au service du prince-archevêque Colloredo, auprès duquel il participa aux différentes réformes de la musique religieuse que mettait en place le prince-archevêque.

Il sut associer l’art musical baroque traditionnel avec l’influence moderne et lumineuse de la musique italienne. Ce style galant qui se veut à la fois simple, élégant et spontané́, Michael Haydn en est le parfait exemple.

  Requiem en do mineur, source d'inspiration pour Mozart

Le Requiem en do mineur MH 155 de Michael Haydn, achevé́ le 31 décembre 1771, fut écrit pour la mort de Sigismund von Schrattenbach, prince-archevêque de Salzbourg que Michael appréciait beaucoup et auquel succéda Colloredo.

Associée probablement aussi pour Haydn au décès de sa fille morte dans sa première année, quelques mois auparavant, l’écriture de ce Requiem le touchait directement et profondément. C’est dans un élan pur et passionné qu’il l’écrivit en seulement deux semaines.

Mozart et son père Leopold assistèrent aux trois premières représentations.
Le Requiem en do mineur est un pur chef d’oeuvre écrit avec le génie d’un compositeur en pleine possession de ses moyens.

L'art du musical baroque et la lumière de la musique italienne

La Missa Sanctorum Cyrilli et Methodii MH 13 est une oeuvre de la jeunesse de Michael Haydn : il n’a que 21 ans lorsqu’il la compose. Comme pour son Requiem, il mélange dans sa composition l’influence moderne italo-vénitienne tout en utilisant le style baroque traditionnel qu’il avait étudié dans la Missa canonica de Fux et plus tard dans son Gradus ad Parnassum.

Vu la longueur de la Missa Sanctorum, on peut la qualifier de Missa solemnis longa. Cette forme de messe était destinée : «particulièrement pour les églises de pèlerinage dans lequel des messes solennelles étaient célébrées avec des messes votives aux autels latéraux,» tel que cela se passait à la cathédrale de Salzburg.

Pour Haydn, la Missa Sanctorum Cyrilli et Methodii est un tournant dans le développement de son propre style, un style qui influencera profondément le genre musique sacrée et les compositeurs qui suivirent.

Concert de notre saison 2024-25

Nous avons fait le choix cette année de ne pas faire venir d’orchestre, même si dans ces deux œuvres l’orchestre a une grande importance. Il apparaît cependant que cela donne au choeur, aux solistes et au piano une unité pour ainsi dire fusionnelle qui s’accorde parfaitement avec ces deux oeuvres. L’émotion est là : immédiate, spontanée, pleine de charme et de fraîcheur. C’est ainsi que nous pouvons ressentir ce vers quoi tend fondamentalement la musique de Michael Haydn : une grandeur et une simplicité.

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